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États-Unis : au tour des mises en chantier de chuter

Le 19/05/2020 à 17:23 par Francis Généreux, économiste principal, chez Desjardins,

Les mises en chantier ont chuté de 30,2 % en avril, après une baisse de 18,6 % en mars. Le niveau annualisé de ventes est ainsi passé de 1 567 000 unités en février à 1 276 000 en mars, puis à seulement 891 000 en avril.

Il aura fallu la pandémie de COVID‑19 pour mettre fin à l’élan récent de la construction résidentielle. Ce secteur avait connu des difficultés entre 2017 et le début de 2019, dues en partie à la hausse des taux d’intérêt hypothécaires. La baisse de ceux-ci au cours de l’année dernière avait cependant donné une belle impulsion à l’activité dans le secteur de l’habitation. Les mises en chantier avaient d’ailleurs commencé l’année 2020 sur de fortes croissances et des niveaux inégalés depuis la fin de 2006.
L’ampleur de la chute de la construction résidentielle représente l’effet des mesures sanitaires et de confinement qui ont aussi touché bien d’autres secteurs.
La construction a cependant été l’une des industries où les autorités ont laissé l’activité se dérouler ou ont permis une réouverture hâtive. Néanmoins, les perspectives de ventes de nouveaux logements ont considérablement diminué alors que les acheteurs potentiels restent chez eux… Cela se voit dans la chute de la confiance des constructeurs de maisons en avril. Cet indice est resté bien bas en mai, ce qui augure mal pour une reprise très rapide de la construction résidentielle.

Implications
Comme prévu, les mises en chantier ont chuté en avril. La construction résidentielle a été l’un des rares secteurs à connaître une croissance au sein du PIB du premier trimestre. Il est maintenant clair que ce ne sera pas le cas au deuxième trimestre. Toutefois, la faiblesse des taux d’intérêt pourrait permettre tôt ou tard un rebond assez important de la construction.


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