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États-Unis : recul des ventes au détail en juillet, mais la production automobile rebondit

Le 17/08/2021 à 17:04 par Francis Généreux, économiste principal chez Desjardins,

Les ventes au détail ont diminué de 1,1 % en juillet, après une hausse de 0,7 % en juin et une baisse de 1,4 % en mai.

Les ventes au détail enregistrées en juillet se montrent plutôt décevantes. Le consensus s’attendait bien à une baisse alimentée par le secteur automobile (le nombre de véhicules neufs vendus avait déjà affiché une chute de 4,1 % pour juillet), mais les ventes chez plusieurs autres catégories de détaillants se sont montrées sous les attentes. Ainsi, le consensus prévoyait un gain de 0,1 % des ventes excluant les automobiles, alors que le résultat est tombé à -0,4 %. Les baisses du côté des vêtements, des centres de rénovation et des magasins en ligne sont plutôt décevantes et elles suggèrent une croissance nettement plus faible de la consommation de biens au troisième trimestre de 2021. Toutefois, la hausse mensuelle de 1,7 % de la restauration en juillet est de bon augure pour la consommation de services.

Du côté de la production industrielle, on remarque surtout une nette accélération de la production au sein de l’industrie automobile, avec un gain de 11,2 % en juillet qui fait suite à un recul de 5,9 % en juin.
Cela pourrait être un signe que la situation commence à se normaliser dans ce secteur très touché par une pénurie de pièces électroniques.
Il faut toutefois demeurer prudents, car les rebonds et les rechutes s’accumulent dans ce secteur. Celui-ci a contribué à un peu plus de la moitié de la hausse de la production industrielle en juillet. Excluant les autos, le gain aurait quand même été de 0,4 %, y compris de bonnes avancées dans la machinerie, le secteur aérospatial et les produits électriques ainsi qu’électroniques.

Implications
La diminution des ventes au détail en juillet est décevante et la croissance de la consommation réelle risque de se montrer plus faible au troisième trimestre qu’au deuxième. Cela dit, les perspectives demeurent bonnes grâce aux allégements fiscaux aux familles, à la bonne performance de l’emploi et à l’épargne accumulée qui demeure importante. Une offre moins problématique, notamment du côté automobile, serait aussi un facteur favorable à la croissance de l’économie.


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