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L’inquiétude augmente face au variant Delta

Le 20/08/2021 à 22:14 par Hendrix Vachon, économiste principal, et Lorenzo Tessier-Moreau, économiste senior chez Desjardins,

Les Bourses américaines étaient hésitantes dans les dernières semaines face à la propagation du variant Delta. La situation sanitaire s’est détériorée dans plusieurs États américains et ailleurs dans le monde, ce qui fait craindre de nouvelles restrictions et une demande plus faible dans les secteurs où la distanciation physique est difficile. L’inflation est aussi une préoccupation avec un taux annuel avoisinant 5 % depuis trois mois consécutifs aux États‑Unis, ce qui pourrait éventuellement encourager la Réserve fédérale (Fed) à réduire plus rapidement son degré de détente monétaire.
Cela pourrait ramener les taux obligataires à la hausse, ce qui rendrait les actifs boursiers moins intéressants.
Malgré un rebond vendredi, la plupart des principaux indices boursiers affichaient des pertes hebdomadaires, comme l'indice S&P 500 qui baisse de 0,59 % ou le CAC 40 qui enregistre un repli beaucoup plus marqué de 3,91 % sur la semaine. Autre signe de sérieuses inquiétudes quant à l’évolution à venir de la demande, le baril de pétrole WTI (West Texas Intermediate) valait environ 62,25 $ vendredi, alors qu’il était encore à 75 $ il y a quelques semaines.


Au dire même du président de la Fed, Jerome Powell, la baisse récente des taux obligataires de long terme semble difficile à expliquer. Ce dernier ainsi que plusieurs autres dirigeants de la Fed ont commencé à signaler plus clairement qu’une réduction de la politique quantitative était à prévoir d’ici la fin de l’année. Malgré tout, les préoccupations concernant la pandémie et la croissance économique ont fait chuter les taux obligataires de long terme cette semaine. Au moment d’écrire ces lignes, le taux américain de 10 ans se situait à 1,26 % et son équivalent canadien, à 1,14 %.

Le dollar est demeuré sur une tendance haussière tout l’été. Cela cadre avec un ajustement des attentes quant aux interventions futures de la Fed, mais plus récemment, c’est l’inquiétude plus élevée et la demande accrue pour les valeurs refuges qui semblent davantage soutenir le billet vert. L’indice DXY du taux de change effectif du dollar américain a atteint cette semaine son plus haut niveau depuis novembre 2020. Dans la foulée, l’euro est descendu à 1,17 $ et la livre, sous 1,36 $.


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