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Onde de choc sur les marchés après le changement de ton de la Réserve fédérale

Le 18/06/2021 à 23:41 par Par Hendrix Vachon, économiste principal, et Lorenzo Tessier-Moreau, économiste senior chez Desjardins,

Il fallait s’y attendre, les premiers signes d’un changement de ton des dirigeants de la Réserve fédérale (Fed) ont déplu aux investisseurs. Les Bourses américaines étaient en baisse dès le début de la semaine, en anticipation de la rencontre de mercredi, et la chute s’est amplifiée avec la publication du communiqué. Même si la Fed n’a pas annoncé de changement à sa politique monétaire, la révision des prévisions des participants pour les taux directeurs et le ton de la conférence de presse ont envoyé un message clair que cette dernière s’engagera sur la voie de la normalisation. Seul le NASDAQ se maintenait après l’annonce, profitant d’un repositionnement vers des titres offrant de meilleures perspectives de croissance. Les Bourses étaient de nouveau en baisse vendredi, amenant des reculs hebdomadaires de 3,45 % pour le Dow Jones, de 1,91 % pour le S&P 500. Le NASDAQ était stable par rapport à vendredi dernier affichant un légère baisse de 0,28 %. Le CAC 40 quant à lui termine sur une baisse de 0,48 %. Le prix du baril de pétrole WTI (West Texas Intermediate), après avoir chuté dans la journée de jeudi, repartait à la hausse vendredi. Il affichait 71,50 $ vendredi soir.

La rencontre de la Fed a donné lieu à une recalibration de la courbe de taux d’intérêt américains. Pour la première fois depuis le début de la pandémie, les taux sur les obligations fédérales de 2 ans ont bondi sous l’effet des anticipations de hausses de taux directeur. L’échéance de 5 ans était de loin la plus touchée avec un bond des taux de près de 18 points de base. Le taux de 10 ans gagnait à peine quelques points, alors que le taux de 30 ans était en baisse, sous l’effet d’anticipations d’inflation moins élevées à long terme.


​Le changement de ton de la Fed a particulièrement été visible sur le marché des devises, avec le dollar américain qui s’est fortement apprécié dès mercredi après-midi. L’euro, qui valait plus de 1,21 $ au début de la semaine, s’échangeait sous 1,1865 $ vendredi soir.
Ce mouvement efface l’essentiel des gains de l’euro réalisés depuis le début du mois d’avril. La livre sterling s’est dépréciée sensiblement dans les mêmes proportions, passant de plus de 1,41 $ US à moins de 1,3809 $. Même si plusieurs fondamentaux restent favorables au dollar canadien, la devise n’a pas échappé à l’appréciation du billet vert, passant d’un peu plus de 0,82 $ US à moins de 0,81 $ US.


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