Web magazine Bo

Résultats en baisse, litiges et flou financier, mais que se passe-t-il au GALEC ?

Le 12/11/2020 à 10:59 par Pascal Delmas / BourseTrading.info

Dans sa dernière édition, La Lettre de l’Expansion, un organe de presse hebdomadaire sur abonnement paraissant tous les lundis matin et faisant autorité dans les milieux politiques, économiques et financiers, jette un pavé dans la mare.

Selon « la Lettre » de cette semaine, le Groupement d’achat des centres Leclerc (GALEC), l’organe central du groupe Leclerc, serait en proie à des difficultés manifestes. Parmi les points notables soulignés par La Lettre de l’Expansion, qui a eu accès aux comptes du GALEC, décrits par l’auteur de cet article comme “l’un des secrets les mieux gardés du groupe”, le bilan comptable de l’entité centrale serait des plus contrastés et des plus inquiétants.

Un résultat net en chute de 50% pour le GALEC
Si la science comptable est avant tout une question de grille de lecture et de mise en perspective, avec des chiffres qui, sans mise en contexte, ne reflètent, bien souvent, qu’imparfaitement l’état réel d’une entreprise, ceux dont fait état La Lettre de l’Expansion ne manquent pas de susciter des interrogations.
Alors que l’exercice 2019 s’est conclu avec un chiffre d’affaires solide de 5,16 milliards d’euros, en hausse de 4,6% par rapport à l’année 2018, c’est du côté du résultat net part du groupe que tous les regards se portent.
En chute de 50%, ce dernier, toujours selon les informations relayées par la lettre confidentielle, ne s’établirait plus qu’à 6,75 millions d’euros. Si les observateurs de la grande distribution sont au fait des disparités souvent conséquentes entre les chiffres d’affaires réalisés et les résultats nets, de tels écarts charrient, forcément, leur lot d’incertitudes et de doutes.

225 millions d’euros n’ont provisionné
Outre cette première lecture comptable, la lettre souligne également que le bilan proposé pour l’exercice 2019 ne serait, tout simplement, pas à la hauteur des enjeux légaux, financiers et économiques auxquels le groupe doit être confronté dans les prochains mois. En effet, en juillet 2019, après avoir été assigné par les services de Bruno Le Maire auprès du tribunal de commerce, en raison de pratiques considérées comme déloyales par l’État, la structure longtemps dirigée par Michel-Édouard Leclerc, a écopé d’une amende de 117,3 millions d’euros. L’année précédente, au mois de février, le GALEC avait déjà été condamné par la justice, à la demande de Bercy une nouvelle fois, à rembourser 83 millions d’euros, pour des remises perçues de manière indue, et à payer une amende civile de 25 millions d’euros. En tout, la structure dirigée aujourd’hui par Olivier Huet, devrait pas moins de 225 millions d’euros. Or, selon La Lettre de l’Expansion, le bilan comptable du Groupement ne ferait apparaître aucune ligne donnant à penser que les différentes amendes dues auraient déjà été provisionnées. Simple erreur comptable, non relevée par le cabinet d’audit, ou difficultés financières réelles ?


Commentaires (0)
Nouveau commentaire :