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Un début d’année difficile pour le billet vert

Le 29/01/2018 à 19:37 par Desjardins, Études économiques,

Le dollar a commencé l’année à la baisse par rapport à la plupart des autres devises. Cela peut sembler étonnant alors que l’adoption de la réforme fiscale aux États‑Unis a accru les perspectives de croissance et d’inflation en plus des anticipations de resserrement monétaire. Toutefois, l’optimisme à l’égard de la croissance économique a aussi augmenté un peu partout sur la planète, ce qui fait que le billet vert ne parvient pas à en profiter d’un point de vue relatif. En outre, le plus grand optimisme réduit la demande pour les valeurs refuges, ce qui pénalise souvent le dollar américain. Enfin, la menace d’un arrêt du gouvernement américain (shutdown), laquelle s’est finalement concrétisée, n’a pas aidé la cause du billet vert. Plus récemment encore, le secrétaire du Trésor américain s’est montré favorable à une devise faible, ce qui a alimenté la tendance à la dépréciation.

L’euro avoisine actuellement 1,23 $ US. L’amélioration continue de l’économie de la zone euro incite à miser sur un changement de cap de la Banque centrale européenne (BCE). Celle-ci a révisé à la hausse ses prévisions de croissance en décembre, mais est demeurée plutôt pessimiste sur l’inflation. Cela dit, le compte rendu de la dernière rencontre de politique monétaire de la BCE a révélé un intérêt des dirigeants à ajuster le communiqué officiel pour refléter l’amélioration de l’économie.

La livre et les autres devises européennes se sont aussi appréciées. D’autres banques centrales de la région s’approchent d’un resserrement monétaire. La Banque d’Angleterre l’a déjà amorcé en novembre dernier. Malgré l’incertitude générée par le Brexit, l’économie britannique n’a pas trébuché et l’inflation se maintient au-dessus de sa cible.

La tendance est à l’appréciation pour la plupart des devises des pays émergents qui profitent de l’optimisme ambiant. Le peso se démarque avec une appréciation de près de 5 % depuis le début de l’année. L’incertitude entourant l’ALENA s’est moins fait ressentir sur le peso en janvier.

À surveiller
Dans l’ensemble, l’année 2018 s’annonce difficile pour la devise américaine qui n’apparaît plus aussi attrayante d’un point de vue relatif.L’euro risque d’être très sensible à l’évolution du communiqué officiel joignant les décisions de politique monétaire de la BCE. L’amélioration de l’économie ne justifie plus le maintien de la mention à l’effet que les achats de titres pourraient être accrus. La BCE pourrait également clarifier un peu plus le moment où elle débutera le relèvement de ses taux d’intérêt directeurs.